Le rugby en Belgique a donc en quelque sorte entamé une mue, une transformation, avec la mise en place du projet One Belgium Rugby à partir de 2023 et l’alignement des ressources de la fédération et des deux ligues, la LBFR et Rugby Vlaanderen. Des ressources financières mais aussi humaines, et ce dans le seul but de faire avancer le rugby belge.

One Belgium Rugby s’est donc traduit au fil des mois par une professionnalisation des structures dirigeantes du rugby belge, qui s’est réellement accélérée à l’issue du Rugby Europe Championship 2024 et de la septième place décrochée par la Belgique à Paris. "On s’était alors retrouvé avec le staff des Diables Noirs à l’hôtel en se disant ‘qu’est-ce qu’on fait maintenant’", se rappelle Thibaut André, co-CEO de Belgium Rugby, à l’évocation d’un tournant sportif. Les règles venaient alors de changer. Le REC suivant, qualificatif pour la Coupe du Monde 2027, offrait un billet direct pour l’Australie et une place au Tournoi Final de Qualification de Dubaï pour le cinquième du classement. "On décide alors de faire un Summer Tour en Amérique du Sud, d’organiser un match amical contre la Suisse à Mons. Et on aborde ensuite le REC 2025 avec l’objectif de terminer au minimum cinquième".

Objectif atteint grâce à une victoire aux Pays-Bas, que quitte alors Kristof Vanhout pour rentrer au pays et rejoindre dans la foulée du tournoi le projet belge en qualité de co-CEO donc. C’est donc à partir de là que One Belgium Rugby est passé à la vitesse supérieure. Sur le terrain, mais aussi dans les bureaux. A la même époque, l’équipe nationale féminine à XV remporte en prime le Trophée européen, avec plus tard un retour en Championship confirmé. "C’est aussi à cette période que l’on engage le regretté Warren Abrahams pour remplacer Emiel Vermote à la tête des BelSevens et qu’Armand Mardon commence comme Responsable du Développement", souligne Kristof Vanhout.

"Pour la petite histoire, pendant le REC 2025, je suis avec Michiel (ndlr : Leysen, président de Belgium Rugby) pour nous rendre au match en Allemagne. On a 4-5 heures de route. On en profite pour faire un énorme brainstorming, alors que l’on savait que Kristof allait être engagé", explique Thibaut André. "On réfléchit à ce que l’on veut mettre en place pour le haut niveau, à savoir une direction technique à trois têtes chapeautée par les deux CEO". Une direction technique assurée donc par Laurent Dossat (Diables Noirs, Brussels Devils), Jeff Williams (Seven) et Armand Mardon (Responsable Développement).

Jeux Olympiques, Coupe du Monde 2031, Coupe du Monde 2033

"Avec la philosophie qu’il n’y a pas de 7 qui passe au-dessus du 15 et inversement, qu’il n’y a pas de développement qui passe au-dessus de la performance. Il y a trois références techniques qui construisent un projet pour développer le rugby belge. Avec pour priorité d’utiliser le 7 comme outil de développement en Belgique, mais avec des ambitions olympiques".

Les JO constituent en effet l’un des grands objectifs des équipes belges à 7. Les Diables Noirs vont eux tenter d’aller chercher une place à la Coupe du Monde 2031 alors que l’équipe féminine à XV vise la Coupe du Monde 2033. La Coupe du Monde constitue également l’objectif de l’équipe belge U20. Des ambitions qui justifient d’ailleurs entre autre l’engagement d’Armand Mardon l’an passé.

"Il y a aussi un autre travail qui avait commencé plus tôt : le développement à long terme du joueur", ajoute Thibaut André. "C’est un gros programme porté par Michael Abrahams et principalement financé par Sport Vlaanderen et Rugby Vlaanderen, mais utilisé à l’échelle nationale. Il s’agit donc d’un vrai projet One Belgium Rugby. Soit une opportunité côté flamand d’avoir des financements et un projet tiré par l’aile flamande, mais réfléchi en permanence dans une optique nationale et avec des intervenants francophones, néerlandophones, du 15, du 7. Pour 2031, on a donc désormais deux énormes outils, entre guillemets : Armand humainement parlant pour chapeauter tous les programmes U17, U18, U20, ainsi que le Women XV. Et l’outil développement à long terme du joueur qui comprend toute une série de vidéos, documents, priorisations à faire catégorie par catégorie, poste par poste,…".

"Tout est prêt à ce niveau", se réjouit Kristof Vanhout. "Cela ne concerne pas uniquement les joueurs des équipes nationales. C’est un outil qui s’adresse à tous les clubs. En Flamand, il y a une phrase qui résume bien cette politique : ‘Van samen werken naar samenwerken’. On fait cela ensemble, avec les clubs".

La préparation physique constitue aussi un autre axe de développement sportif important. A ce titre, la fédération a engagé Margaux Lalli en qualité de responsable de la préparation physique du Seven masculin et féminin et, à l’avenir, du groupe Elite 2031 à XV.

La direction technique de Belgium Rugby et tout ce qui a été mis en place doivent donc permettre à la Belgique de performer au haut niveau. "Le haut niveau est là pour faire grandir le rugby en Belgique. C’est une vitrine. C’est un outil de promotion. C’est un outil de visibilité. C’est un outil de reconnaissance. C’est un outil qui permet de valider le travail des clubs et le travail du rugby belge dans son ensemble. On a déjà parlé des objectifs sportifs au haut niveau que tout le monde visualise, mais le premier objectif, c’était de structurer toute la base de la fédération pour que les deux ligues soient un socle stable et soient au service du développement des clubs et du projet national des équipes nationales", rappelle Thibaut André.

Suite et fin de l’entretien à suivre...