Après Dimitri Leszczynski et Gaëtan Kabasele, Hadrien Amiel est le troisième joueur-entraîneur à avoir rendu visite à Diego Lacroix, expatrié au Congo depuis six ans désormais.
"Diego et moi, on se connaît depuis longtemps", explique Hadrien Amiel. "Quand il avait créé les Citizens, j’avais tout de suite fait partie du projet. Cela faisait des années que je me disais que je voulais aller voir ce qu’il mettait en place là-bas".
A l’origine, Hadrien Amiel comptait simplement aller voir en quoi consistait le projet mis en place par Diego Lacroix, responsable d’une académie féminine de football au Kwilu pour le compte d’une compagnie sucrière belge. "Cette compagnie développe des activités sociales vu qu’elle emploie tellement de monde, il y a un hôpital, des églises, des écoles, tout cela attaché à cette industrie. Du coup, comme je suis médecin, j’ai pu avoir une invitation pour aller au Congo et faire une sorte de petite mission de consultance à l’hôpital de la compagnie sucrière".
Hadrien est resté plusieurs jours au sein de l’académie de football féminin comptant une trentaine de joueuses âgées de 8 à 20 ans, lesquelles vont à l’école en matinée avant de s’entraîner trois bonnes heures l’après-midi. Sans compter les matchs et tournois organisés. "Diego a vraiment créé un projet de développement assez génial où les joueuses deviennent des footballeuses d’un niveau nettement supérieur à celui des autres dans la province ou aux alentours. Et en plus, cela leur donne accès à une prise en charge scolaire. J’ai passé une semaine à l’académie, et en parallèle j’ai fait quelques visites à l’hôpital. C’était chouette car j’ai un peu visité les conditions, on a échangé sur quelques points avec les médecins sur place".
Co-entraîneur de l’ASUB Waterloo cette saison, Hadrien Amiel a bouclé son séjour au Congo en dirigeant un entraînement chez les Panthères de Kinshasa, club ayant notamment déjà reçu du matériel en provenance de Belgique. "C’est comique car quand on va s’entraîner, les joueurs portent des anciens maillots du Kituro, de Visé, des Citizens, de Boitsfort,... Il y a aussi le vieux jeu de maillots des Cobras", sourit Hadrien.
Les conditions dans lesquelles s’entraînent les joueurs des Panthères sont pour le moins particulières. "Cette séance d’entraînement était très chouette car les joueurs étaient hyper reconnaissants. Pour moi, cela a été assez intense car les conditions d’entraînement sont impressionnantes. On était sur du sable, dans un bazar sans nom, avec des bouteilles en plastique partout, des tessons de verre. Ils s’entraînent vraiment dans des conditions très compliquées. Et pourtant il y avait une trentaine de joueurs surmotivés. Et les joueurs s’envoient. Ils s’entraînent le samedi à 8h30 du matin, avant qu’il ne fasse trop chaud, et s’entraînent pendant 2h sur un terrain vague. L’image est un peu perturbante quand on débarque. En Belgique, on a des synthétiques partout. De voir que les joueurs sont aussi motivés, ça laisse un peu à réfléchir. En Belgique, on peine parfois à avoir un groupe complet ou des joueurs motivés, alors que les infrastructures sont exceptionnelles".
Même s’il a déjà vécu pas mal d’expériences à l’étranger dans des contextes particuliers, notamment de par son métier de médecin, Hadrien Amiel a néanmoins été touché par celle vécue à Kinshasa. "Cela me fait toujours beaucoup d’effet de voir une trentaine de joueurs qui vont passer un moment à haute intensité, un moment hyper collectif, à acquiescer à chaque instruction. C’est en plus fabuleux de voir que c’est pareil qu’on soit au Congo ou en Belgique".
"Cela reste de bons moments de partage. Quand je pars en vacances, je suis en effet de nature à préférer des moments de partage et des expériences un peu intenses plutôt que d’aller à la plage", conclut Hadrien.
Si vous souhaitez les aider, les Panthères de Kinshasa sont toujours à la recherche de matériel (ballons, cones, chasubles, maillots, shorts, chaussures,...). Pour cela, rien de plus simple : contactez Diego Lacroix au +32 478 21 55 33 afin d’organiser la logistique et l’acheminement au Congo.

(Photos D.R.)
