A n’en pas douter, ce départ laissera un grand vide dans les bureaux du Stade Mandela. Professionnellement mais aussi humainement. Il était en effet impossible de ne pas apprécier Dignate, toujours prête à répondre à chaque demande et ne comptant pas ses heures. Une grande dame qui reflétait finalement à merveille les valeurs du rugby.
Le rugby, justement, Dignate l’a rencontré en même temps que l’homme de sa vie. Lors de vacances en Allemagne en 1977, celle qui est originaire d’une petite ville de la Zélande aux Pays-Bas (Tholen) croisa la route de Jean-Jacques Pichounel, militaire… et joueur de rugby. Ils ne le savaient pas encore, mais ces deux-là n’allaient plus se quitter.
Après des déménagements en France et aux Pays-Bas, Dignate et Jean-Jacques se sont fixés en Belgique en 1994. Lui a dès lors rejoint l’Antwerp, tandis qu’elle a répondu avec succès à une offre d’emploi pour un poste administratif publié dans l’édition de février 1996 du magazine trimestriel de Rugby Vlaanderen de l’époque.
Dignate a ainsi débuté au sein de la Vlaamse Rugby Bond à la Maison du Sport à Berchem (Anvers) avant d’occuper le secrétariat de la Fédération belge en 2001 pour un intérim… qui durera jusqu’en 2017 ! Une pause professionnelle pour raison médicale plus tard, Dignate a repris du service en 2018, pour ensuite récupérer sa place dans les bureaux de Rugby Vlaanderen, désormais au Stade Mandela de Never-Over-Hembeek. Où elle boucle donc aujourd’hui son parcours professionnel.
« Il y a encore beaucoup de choses à faire, mais il y a plus de facilités à l’heure actuelle que par le passé », nous explique Dignate. « Quand j’ai commencé, je remplissais et tamponnais les licences à la main. Je préparais aussi encore les oranges pour la mi-temps des matchs internationaux et je transportais moi-même les maillots pour la laverie. J’ai donc assisté à une belle évolution avec notamment le développement au niveau informatique et une professionnalisation des salaires. À mes débuts, aucun entraîneur n’était par exemple payé. C’est lorsque Richard McClintock est arrivé en 2004 qu’il y a eu un grand pas de fait vers une professionnalisation sportive à l’époque ».
En 30 ans, Dignate Schot a bien évidemment vu passer beaucoup de monde et vécu de nombreux matchs et grands moments. « Mes plus beaux souvenirs restent les matchs Belgique - Pays-Bas à Visé en 2005 et Belgique – Argentine de 2007. Par contre, mon pire souvenir est sans nul doute la rencontre Stade Français – Ulster prévue au Stade Roi Baudouin en 2009 (ndlr : annulée pour cause de terrain enneigé et sol gelé). J’ai évidemment eu beaucoup de contacts internationaux, que j’ai appréciés. Je me rappelle notamment de Pierre Villepreux (ndlr : ancien joueur et sélectionneur du XV de France), qui m’avait marqué par sa façon d’être. Très simple, accessible, alors que c’était une vedette en France ».
Même si elle prend congé dès le mois de février, Dignate Schot refermera officiellement son chapitre professionnel le 1er mars prochain. « Il est temps de m’arrêter pour une nouvelle étape de vie, la dernière », a-t-elle souligné dans son discours lors de la fête de départ organisée par Rugby Vlaanderen samedi. « Plus de temps avec ma famille. Avant tout, avec mon mari, sur qui j’ai toujours pu compter, qui m’a toujours soutenue et qui a toujours donné un coup de main dans toutes les organisations, ici en Belgique. Plus de temps aussi pour mon fils et sa famille ».
Le cœur de Dignate restera quoiqu’il arrive un peu ovale. « J’aime le rugby et on viendra encore assister à des matchs avec Jean-Jacques. Au cours des 30 dernières années, le rugby belge a fait des progrès. Mais nous continuons à regarder ce qui peut être amélioré et à chercher des ressources financières pour porter le rugby en Belgique à un niveau encore plus élevé. Je souhaite donc à notre famille du rugby belge un bel avenir en espérant qu’elle continuera toujours à préserver les valeurs du rugby : intégrité, passion, solidarité, discipline et respect ». Comme Dignate l’a fait ces 30 dernières années.

Ils sont nombreux à avoir répondu présent à la fête organisée pour le départ de Dignate. (Photos Laura Desaranno)
